Résultats principaux

Quels sont les rôles des voies thalamocorticales et corticothalamiques ?

 On fait l'hypothèse que ces deux voies, reliant le cortex dorso-médian et le thalamus dorso-médian, sont impliquées dans la prise de décision orientée vers un but. Plus particulièrement, dans la réévaluation de la valeur du but : "est-ce que je souhaite obtenir cette récompense ?" , et dans le lien fait entre action réalisée et objectif : "est-ce que cette action mène à mon objectif ?"

Afin de tester cela, on bloque chacune des voies chez des rats qui effectuent une tâche de prise de décision.

Localisation et modification des récepteurs des neurones

Pour bloquer la voie thalamocorticale, un récepteur DREADD inhibiteur est implanté dans les cellules du thalamus medio-dorsal qui projettent sur le cortex préfrontal dorsomedial (dmPFC). Du mCherry est employé pour marquer les zones d’intérêts.

Pour la voie corticothalamique, la procédure expérimentale est la même mais le  récepteur DREADD inhibiteur est implanté dans les cellules du cortex préfrontal dorsomedial (dmPFC) qui projettent sur le thalamus medio dorsal. 



Choix entre une récompense dévaluée et une récompense de valeur

Apprentissage puis dévaluation par satiété spécifique : les rats ont appris deux actions menant à deux aliments différents. Ici, on présente à volonté un de ces deux aliments à la souris pour diminuer sa valeur durant le test qui suit.

La voie thalamocorticale est impliquée dans la dévaluation de la récompense alimentaire

Les groupes de rats traités au CNO et à la solution saline ont consommé la même quantité de nourriture, ce qui indique que les processus motivationnels basiques n’ont pas été altérés par le traitement au CNO. La capacité à utiliser la valeur du but actuel pour guider le comportement a été évaluée pendant un test de choix effectué immédiatement après la dévaluation. Le résultat principal est que le groupe de rat qui a reçu une injection de saline ont montré le comportement attendu, exprimant un biais clair, envers l’action associée avec le résultat dont la valeur est encore active, tandis que le groupe qui a reçu du CNO n’a montré que peu de réponse différente envers chacune des actions.  

La voie corticothalamique participe à la dévaluation de la récompense alimentaire

Les premiers résultats viennent de la phase suivant la procédure de dévaluation. Tandis que le groupe injecté à la saline a exprimé un biais clair envers l’option toujours mis en valeur, le groupe CNO a répondu de manière similaire pour les deux actions, ce qui est cohérent avec l’idée qu’ils ont échoué à utiliser la valeur actuelle du but pour guider leur comportement. 

 

Choix entre action dégradée et non dégradée


Ré-apprentissage puis dégradation : on attend que le rat ai de nouveau autant envie des deux aliments. Pour l'une des associations entre action et résultat la contingence est identique à celle utilisée auparavant. Mais pour l'autre, la contingence a été dégradée en délivrant le même nombre global de récompenses aléatoirement même si aucune action n'a été effectuée.

La voie thalamocorticale est est impliqué dans la ré-évaluation (négative ?) de la conséquence de l'action.

Les données récoltées ensuite suggèrent que le traitement avec le CNO produit une incapacité de la capacité à mettre à jour la représentation de la valeur d’un but et/ou de l’utiliser pour guider un comportement. 

La voie corticothalamique n'est pas impliquée dans la ré-évaluation de la conséquence de l'action

La conclusion du test de choix final est que l’inhibition des voies corticothalamiques n’a pas produit d’effet notable et n’a pas empêché les rats de montrer un comportement de prise de décision adaptative même lorsqu’ils ne pouvaient se reposer que sur de l’information représentée.



Commentaires